Shampoing cheveux colorés : le guide complet pour bien choisir
Article rédigé par Sébastien, coloriste-formateur et fondateur de La Maison du Coloriste à Lille. 15 ans en salon et en formation. Mis à jour le 29 mai 2026.
Routine simple (cheveux colorés) :
- Shampoing Chroma Protect (base 2–3 lavages/semaine)
- Masque Chroma Protect (1 fois/semaine en pose longue)
- Crème sans rinçage (protection quotidienne, chaleur/UV)
Voir la routine complète : Gamme Chroma Protect
• Tous nos produits
« Vous avez un shampoing à me conseiller ? » C’est la question que je reçois le plus souvent en fin de RDV. Et la réponse honnête est : ça dépend. Ça dépend de votre coloration, de la dureté de votre eau, de la fréquence à laquelle vous vous lavez les cheveux, et de la nature de votre cuir chevelu. Il n’existe pas de « meilleur shampoing cheveux colorés » universel.
Ce que je peux faire en revanche, c’est vous donner les critères que j’utilise moi-même — en formation, en salon, et pour ma propre marque.
À partir de là , vous saurez lire une étiquette, comparer deux flacons, et faire un choix éclairé sans tomber dans le piège du marketing « zéro sulfates » ou « bio à 100 % » qui ne veut souvent rien dire en pratique.
Pourquoi un shampoing classique abîme une coloration
Un shampoing « classique » de grande surface est formulé pour un objectif simple : nettoyer fort, mousser fort, sentir bon. Pas pour préserver une coloration. La logique commerciale veut un produit qui plaît au plus grand nombre, et qui supporte une eau, une chevelure, une fréquence de lavage hétérogènes.
Trois choses se passent quand on l’utilise sur cheveux colorés :
Les tensioactifs trop puissants emportent les pigments. Le shampoing solubilise non seulement le sébum et la pollution, mais aussi une partie des molécules de coloration logées dans le cortex.
Le pH élevé maintient la cuticule entrouverte. Pendant tout le lavage, et parfois encore quelques heures après, les écailles ne se referment pas correctement.
L’absence de protection. Pas d’agent chélatant (anti-calcaire) pour le calcaire, pas de filmogène pour la cuticule. Le cheveu sort « propre » mais sans bouclier.
Sur quatre semaines, ça suffit à expliquer une coloration qui s’estompe deux semaines plus tôt qu’elle ne devrait. C’est exactement le problème que je détaille dans l’article sur les causes du ternissement.
Les 5 critères d’un bon shampoing pour cheveux colorés
1. pH faible et acidification
Le pH d’un shampoing devrait idéalement se situer entre 4,5 et 5,5 — c’est-à -dire dans le pH naturel du cuir chevelu et de la cuticule. Quand on lave un cheveu coloré avec un shampoing à pH 7 ou 8 (le cas de beaucoup de produits familiaux), la cuticule reste ouverte et les pigments fuient.
Le pH n’est presque jamais affiché sur l’étiquette. Mais il est facile à vérifier en sortie de douche : un shampoing acide laisse les cheveux doux et lisses au toucher, sans avoir besoin d’après-shampoing. Un shampoing alcalin laisse les cheveux rêches et chargés en statique, et oblige à utiliser un démêlant pour compenser. Si votre shampoing actuel ne passe pas ce test du toucher, c’est un signal.
2. Tensioactifs doux (sans sulfates agressifs)
La règle « zéro sulfates » est trop simpliste. Voici la vraie hiérarchie, du plus agressif au plus doux :
Sodium Lauryl Sulfate (SLS) — le plus décapant. À éviter sur cheveux colorés.
Ammonium Lauryl Sulfate (ALS) — proche du SLS. À éviter.
Sodium Laureth Sulfate (SLES) — sulfate modifié, beaucoup plus doux. Peut être compatible cheveux colorés selon la concentration.
Sodium Cocoyl Isethionate / Sodium Methyl Cocoyl Taurate — alternatives douces, dérivées d’acides gras de coco.
Coco-Glucoside / Lauryl Glucoside — tensioactifs très doux, dérivés du sucre. Mousse moins, mais respectueux.
Un shampoing pensé pour cheveux colorés combine généralement un tensioactif modéré (SLES bien dosé, ou cocoyl isethionate) et un tensioactif doux pour adoucir le mélange. Le « 100 % glucoside » mousse mal et nettoie peu — pas idéal si vous avez un cuir chevelu qui graisse vite.
3. Agents filmogènes pour la cuticule
Un agent filmogène dépose un voile très fin sur la cuticule, qui la lisse et la protège. Sur cheveux colorés, c’est ce qui empêche les pigments de fuir au rinçage suivant.
À chercher en INCI :
Polyquaternium-7, -10, -67 — agents conditionneurs filmogènes très utilisés en soin couleur.
Hydrolyzed Wheat Protein, Quaternized Hydrolyzed Wheat Protein — protéines hydrolysées qui se fixent sur la cuticule.
Cetrimonium Chloride — agent gainant.
Attention à ne pas confondre avec les silicones non solubles à l’eau, qui peuvent aussi gainer mais s’accumulent à long terme et étouffent la fibre. Les silicones « fonctionnels » modernes (PEG-modifiés) sont rinçables et compatibles avec une routine couleur — la communication anti-silicones est, comme l’anti-sulfates, trop simpliste.
Pour renforcer cet effet “cuticule lissée” en routine :
Masque Chroma Protect
• Crème sans rinçage
4. Agents chélatants contre l’eau dure
C’est le critère que personne ne vérifie, et c’est dommage, parce qu’il fait une différence visible sur la durée d’éclat — surtout en zone calcaire (Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, et globalement toute la moitié nord de la France).
Un agent chélatant capture les ions calcium et magnésium de l’eau du robinet avant qu’ils ne se déposent sur la cuticule. À chercher :
EDTA, Tetrasodium EDTA — le plus courant.
Sodium Phytate — alternative naturelle dérivée du blé ou d
u riz.
Etidronic Acid — efficace contre le calcaire.
Un shampoing qui contient un chélatant en début de liste INCI (donc en concentration significative) protège vraiment d’une eau dure. Le shampoing Chroma Protect est conçu sur cette logique précisément, parce qu’une bonne partie de notre clientèle vit dans le Nord, où l’eau est notoirement calcaire.
5. Compatibilité avec votre type de coloration
Tous les shampoings « cheveux colorés » ne se valent pas selon votre type de coloration :
Coloration permanente brune ou foncée : shampoing doux à pH bas, sans pigments ajoutés. Le but est de préserver l’intensité.
Décoloration / blond : alternance entre un shampoing protecteur classique (4 fois sur 5) et un shampoing pigmenté violet (1 fois sur 5) pour neutraliser les reflets jaunes.
Coloration cuivrée / rousse : shampoing protecteur très doux, idéalement avec filtres UV en formule. Le rouge est le pigment le plus fragile.
Patine / gloss / ton sur ton : shampoing le plus doux possible — ces colorations sont les plus volatiles.
Quel produit choisir selon ma coloration ?
- Coloration brune/foncée : shampoing protecteur + masque 1x/semaine
- Blond / mèches : base protectrice + ajustement selon besoin (patine en salon si nécessaire)
- Cuivré / rouge : routine la plus douce possible + crème sans rinçage au quotidien
- Gloss / ton sur ton : priorité au pH bas + fréquence de lavage réduite
Voir tous les produits : Nos produits
Comment lire la liste INCI sans se faire avoir
La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) est obligatoire sur tous les cosmétiques en Europe. Elle classe les ingrédients par ordre décroissant de concentration jusqu’au seuil de 1 %.
Trois règles simples pour lire un shampoing en 30 secondes :
Les 5 premiers ingrédients représentent 80 % du produit. C’est là que se joue l’essentiel. Eau (Aqua), tensioactif principal, tensioactif secondaire, agent gainant, conservateur ou parfum.
Repérez le tensioactif principal. Si c’est SLS ou ALS, passez votre chemin pour cheveux colorés. Si c’est SLES, regardez le 2e tensioactif — un SLES seul est rarement suffisamment doux.
Cherchez un chélatant et un filmogène. EDTA, Polyquaternium, protéines hydrolysées : leur présence est un bon signe.
Ce que vous pouvez ignorer : la liste très longue d’extraits végétaux placés en fin de liste à des concentrations infinitésimales. C’est de la communication, rarement un effet réel.
À quelle fréquence laver des cheveux colorés ?
Deux à trois shampoings par semaine pour la grande majorité des cheveux colorés. Voici comment je l’adapte selon le profil :
| Profil | Fréquence |
|---|---|
| Cheveu fin, cuir chevelu qui graisse vite | 3 fois / semaine |
| Cheveu épais, sec sur les longueurs | 2 fois / semaine |
| Cheveu décoloré ou très poreux | 2 fois / semaine maximum |
| Sportive (transpiration quotidienne) | 3 fois / semaine + rinçage à l’eau claire les autres jours |
Si vous cherchez une base simple pour tenir sur la durée :
shampoing +
masque hebdo +
crème sans rinçage.
Les jours sans shampoing, le sébum protège naturellement la fibre et stabilise la couleur. Plus on lave, plus on déstabilise — c’est aussi simple que ça.
Le shampoing Chroma Protect : à qui je le recommande
Le shampoing Chroma Protect a été formulé sur les cinq critères ci-dessus. pH bas, tensioactifs doux, agents filmogènes pour la cuticule, et chélatants pour neutraliser l’eau dure. Je le conseille en routine de fond à mes clientes colorées, qu’elles soient brunes, blondes (en alternance avec un shampoing déjaunissant), cuivrées ou rousses.
Compléter la routine (pour une tenue plus stable) :
Pour une vue d’ensemble du protocole, je vous renvoie vers la routine cheveux colorés complète, et vers la gamme Chroma Protect qui réunit shampoing, masque et crème sans rinçage. Pour les autres références : l’ensemble de nos produits et la catégorie cheveux colorés.
Gamme Chroma Protect •
L’ensemble de nos produits •
Catégorie cheveux colorés
FAQ shampoing cheveux colorés
Quel pH idéal pour un shampoing cheveux colorés ?
Entre 4,5 et 5,5. Ce pH faible referme la cuticule pendant le lavage, ce qui limite la fuite des pigments. Au-delà de 6, on commence à ouvrir la cuticule et à exposer la couleur. La plupart des shampoings de grande surface dépassent ce seuil.
Faut-il vraiment éviter tous les sulfates ?
Non. La distinction utile, c’est entre les sulfates bruts (SLS) trop décapants pour des cheveux colorés, et les sulfates modifiés (SLES en concentration adaptée), qui peuvent être doux et compatibles. Le « sans sulfates » à tout prix relève plus du marketing que de la chimie capillaire.
Combien coûte un bon shampoing cheveux colorés ?
Le prix n’est pas un indicateur fiable. On trouve des formules grande distribution à 15 € qui valent largement certains shampoings pro à 35 €, et l’inverse. Ce qui compte, c’est la formule : pH, tensioactifs, présence d’agents chélatants et filmogènes.
Le shampoing solide est-il adapté aux cheveux colorés ?
Ça dépend de la formulation. Un bon shampoing solide cheveux colorés existe, mais beaucoup sur le marché ont un pH trop élevé (proche de 8) parce que la solidification est plus simple à pH alcalin. À vérifier avant achat.
Faut-il alterner deux shampoings différents ?
Pas nécessaire en routine de fond. En revanche, pour les blondes, alterner un shampoing protecteur classique avec un shampoing pigmenté violet (1 fois tous les 7 à 10 jours) est utile pour neutraliser les reflets jaunes.
Le shampoing pour bébé est-il plus doux pour les cheveux colorés ?
Non. Les shampoings pour bébé sont formulés sans larmes, ce qui les rend très neutres en pH (proches de 7), et donc inadaptés à un cheveu coloré qui demande un pH bas. Mauvais réflexe.





